dimanche 23 juin 2013

130605 De fjord méconnu en fjord de légende (Runde - Geiranger)

Comme promis par la tenancière de notre guesthouse, nous avons très bien dormi. Le vent est nettement moins fort qu'hier, mais le temps est gris et menaçant.



Peu après notre départ, il se met d'ailleurs à pleuvoir... Pourtant, l'application météo du smartphone annonce un temps radieux!


Nous empruntons la route en direction de Geiranger, en passant par le Hjorundfjord, tout aussi charmant et débouchant sur la vallée de Norangsdalen, dont l'employée de l'office du tourisme d'Alesund nous avait vanté la splendeur. En chemin, nous passons de nouveau par un long tunnel qui s'enfonce sous la mer pour remonter sur le continent. Moins charmant qu'une traversée en ferry, mais tellement plus rapide!


Nous traversons ensuite une longue et verte vallée jusqu'au petit port de Saebo, coincé entre des parois vertigineuses et couvertes de sapins. La pluie a cessé, mais le temps est toujours gris et triste, malgré la présence d'une minuscule zone de ciel bleu entre les nuages. On peut toujours rêver...

Courte traversée en ferry jusqu'à Leknes (99 couronnes), au départ de la vallée de Norangsdalen. Et là, la chance nous sourit : la petite éclaircie aperçue tout à l'heure se mue en grand ciel bleu pendant que nous faisons route dans un paysage de plus en plus magnifique et sauvage. Pics encore enneigés, petits lacs de montagne, fermes abandonnées et végétation en plein printemps se succèdent tout au long du parcours, sous un soleil à présent éclatant. Quasiment pas âme qui vive, si ce n'est quelques moutons. La route est également très peu fréquentée. Selon notre guide de voyage, l'endroit, quoique l'un des plus beaux de la région des fjords du Nord, est l'un des moins visités. Il a pourtant tout pour plaire, notamment pour les randonneurs et grimpeurs, qui peuvent partir explorer les sommets alentour...








La route franchit un col, puis redescend lentement en direction de Hellesylt, d'où nous embarquons sur un ferry pour un trajet d'environ une heure dans le fjord le plus visité de Norvège, le Geirangerfjord (465 couronnes cette fois-ci, on arrive en zone très touristique!).




Inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, ce fjord étroit se faufile sur 20 km entre des parois vertigineuses le long desquelles dévalent de nombreuses cascades. Quelques fermes abandonnées s'accrochent sur ses hauteurs (on ne sait pas trop comment!). Sur le pont supérieur du ferry, de nombreuses explications sont données en plusieurs langues, fournissant d'intéressantes informations sur cet endroit exceptionnel.


Au milieu du parcours, nous dépassons une fine chute d'eau joliment appelée le Voile de la mariée. Mais il n'est pas question de mariage lorsque nous atteignons ensuite les Sept Soeurs, très bel ensemble de cascades auxquelles fait face, de l'autre côté du fjord, une chute d'eau logiquement dénommée le Prétendant (ou le Soupirant). Selon la légende, les Sept Soeurs sont restées célibataires, au grand dam du Prétendant. Entre les eaux de ce dernier (photo de droite ci-dessous), on peut apercevoir la forme d'une grande bouteille ; on raconte ici que ce brave homme, lassé d'être repoussé par ces demoiselles, a trouvé refuge dans la boisson. On se console comme on peut!





Jeux d'ombre et de lumière sur les bords escarpés du fjord...


Niché tout au fond du fjord, le minuscule village de Geiranger voit affluer chaque années plus de 600'000 visiteurs arrivant par voiture, bus, vélo ou dans d'immenses paquebots de croisières qui détonnent un peu dans cette vallée si étroite.



A l'arrivée, nous nous éloignons de l'agitation du port pour emprunter le "chemin de l'Aigle," soit les sept derniers kilomètres de la route reliant Andalsnes à Geiranger : 11 lacets qui grimpent de façon vertigineuse le long des parois du fjord. Tout en haut, une plate-forme très bien aménagée dévoile une vue splendide sur le fjord, jusqu'à la cascade des Sept Soeurs. Un sentier s'éloigne dans la forêt juste au-dessus; nous l'avions suivi en décembre, mais la progression était trop pénible dans la neige. Cette fois, pas d'excuse... si ce n'est que soudainement les nuages se referment au-dessus de nous et que des zones d'averses se déclenchent des deux côtés de la vallée! Retour à l'abri dans la voiture...


Le ciel est avec nous aujourd'hui: l'averse ne dure que 5 minutes, et le ciel se dégage à nouveau complètement. Au soleil, il fait même chaud! Du coup, nous entamons la balade.


Les trouées dans la végétation offrent des points de vue magnifique sur Geiranger et une grande partie du fjord. Nous ne croisons aucun autre promeneur; il faut dire que la majorité des gens qui font halte sur la plate-forme d'observation font partie de voyages organisés, avec timing et programme à respecter. Ainsi, nous avons l'agréable impression d'être un peu seuls au monde, dans cette région pourtant très touristique. Un luxe!



Le chemin se fait ensuite plus rocailleux et irrégulier. Mais nous continuons jusqu'au torrent de Kviturelva, qui finit par tomber dans le fjord en une jolie chute d'eau.




A notre retour sur la plate-forme, nous assistons au départ du MSC Musica, le grand paquebot qui mouillait à l'extrémité du fjord. Grand luxe, plusieurs piscines, terrain de basket; la croisière doit être plutôt agréable!


Retour à Geiranger. Nous trouvons une chambre dans un bel hôtel situé sur les hauteurs du village, avec une belle vue sur le port. Cet établissement a aussi l'avantage de disposer d'une piscine avec feu de cheminée et d'un sauna, parfaits pour reposer nos muscles fatigués!



Pour bien terminer cette journée, un excellent buffet proposant le meilleur des spécialités norvégiennes...



Comme nous nous trouvons dans une vallée très encaissée, le soleil disparaît un peu plus tôt que d'habitude mais surprenant, il suit longuement la chaine de montagne, laissant le village longtemps au soleil, lieu stratégique pas choisi au hasard. Il est tout de même presque 22h quand il se "couche", et le ciel reste clair encore longtemps après. En fait, à cette latitude, la nuit noire n'existe déjà plus à cette période...





samedi 22 juin 2013

130606 Au pays des Trolls (Geiranger - Molde)

Les photos et le parcours géolocalisés en cliquant sur la carte ci-dessous...


Réveil sous un ciel plus gris que la veille, mais qui laisse passer quelques éclaircies. Avant de poursuivre notre périple, nous faisons quelques kilomètres à l'opposé de notre destination, le long d'une route qui monte sur les hauteurs de Geiranger. La vue sur le fjord y est magnifique, ce qui explique la présence de quelques zones de repos au bord de la route, où s'arrêtent les cars de touristes. C'est un peu le passage obligé. Quelques petites chutes d'eau se trouvent sur le parcours.



Nous repartons ensuite en direction du nord, en repassant par le Chemin de l'Aigle d'où nous profitons une dernière fois du point de vue sur ce fjord magnifique. La route redescend ensuite en direction d'Eidsdal en traversant une jolie et verte vallée.


Depuis Geiranger jusqu'au ferry, c'est une route connue pour nous, ayant dû l'emprunter à l'aller et au retour en décembre, le ferry étant arrêté l'hiver. J'ai essayé de reprendre certains clichés similaires sans les avoir sous les yeux... la barque ne semble pas avoir bougé  :)


Un petit trajet en ferry nous emmène jusqu'à Linge (92 couronnes).



Nous traversons ensuite le village de Valldal, qui marque le début de la route du Trollstigen ("l'échelle du Troll"), une voie impressionnante achevée en 1936 après 8 ans de travaux. Sa partie la plus spectaculaire est composée d'une pente à 12 degrés comportant 11 lacets en épingles à cheveux.



 Avant d'arriver à ce plat de résistance, nous faisons halte à la cascade de Gudbrandsjuvet, où la rivière se jette dans une gorge d'une largeur de 5m et d'une profondeur de 20m. Impressionnant, tout comme l'est l'aire de repos aménagée juste à côté, dans un pur style scandinave: design épuré et moderne (béton, verre) mais s'intégrant à merveille dans ce milieu naturel. La plateforme d'observation de la chute est également une réussite, mélangeant métal rouillé et inox.




A mesure que nous grimpons, la forêt cède la place aux éboulis et aux herbes rares, dans un décor minéral. Un lac de montagne est encore partiellement recouvert de glace, et la température est des plus fraîches, accompagnée comme il se doit d'un petit vent mordant. Le soleil ne fait que de rares apparitions, mais l'endroit est superbe et totalement sauvage.




Après avoir franchi le point culminant de la route, nous atteignons rapidement le centre touristique flambant neuf surplombant la partie vertigineuse du parcours. A nouveau un design très sobre mais d'une grande élégance pour ce centre situé au bord d'un joli plan d'eau et comprenant restaurant, magasin et informations.


De là, un chemin bétonné mène à deux plate-formes suspendues au-dessus du vide offrant une vue plongeante sur la route en lacets en contrebas et sur les cascades qui se précipitent dans le vide. Au loin, la vallée s'élargit et s'aplanit à nouveau. Il est fascinant d'observer les véhicules qui empruntent la route sinueuse en-dessous de nous; ils ressemblent en fait à des jouets qui évoluent sur une maquette. Beaucoup mobiles home et de cars grimpent lentement et avec prudence, car la route est étroite et ne permet pas partout le croisement. Mais il est encore tôt dans la saison, le trafic n'est pas dense.





Lilly fait sa star posée en équilibre sur la barrière... avec dans son dos la vallée et ses nombreux contours.


Après avoir longuement admiré le paysage, c'est à notre tour de descendre l'échelle du Troll. Les contours sont vite avalés, seule l'envie de prendre quelques photos nous freine et fait que le trajet prend plus de temps que nécessaire. Mais la vue depuis le fond de la vallée en vaut la peine, avec les cascades qui dévalent les parois rocheuses.




 La route redevient ensuite plus banale, et nous traversons Andalsnes pour continuer le long du fjord, jusqu'à la ville de Molde, que nous atteignons après les (presque) inévitables trajets en ferry ou tunnels sous-marin. Surnommée "la ville des Roses" pour son sol fertile et son climat agréable, cette ville qui n'a pas de charme particulier, se niche au sein de beaux paysages côtiers. Mais nous découvrirons tout cela demain et goûtons d'abord à l'hospitalité d'un hôtel charmant, doté d'un excellent restaurant avec vue sur le port. Nous assistons au ballet incessant des ferries et au passage de deux navires plus imposants appartenant à la légendaire compagnie Hurtigruten, qui relie les villes et villages de la côte norvégienne entre Bergen et Kirkenes, à l'extrême nord.




Au restaurant en Norvège, c'est un prix fréquemment pratiqué dès que l'on va dans des restos moyens de gamme. Faut pas oublier que lors de notre premier repas qui fut une pizza à Bodo en décembre, son prix nous avait déjà surpris, presque 300.- NOK, soit env 50.- CHf... la pizza!!!



Au Moldefjordstuer, la vue sur le fjord depuis la chambre 219, rénovée récemment est très agréable. La 218 se trouve dans l'angle, encore mieux située. Effectivement, comme le mentionnait le lonely planet, c'est un bel hôtel charmant, encore en travaux pour la partie centrale. Ce doit être moins charmant lorsqu'il y a des événements sportif ou concerts, car en face, se trouve l'un des plus récents stades de norvège, 11200 places, le Aker. Par contre, on n'entend pas du tout les ferrys qui font la navette, plusieurs fois par heure, c'est seulement lorsqu'on les voit qu'on se rend compte de leur présence.


Proche de minuit, il ne fera pas plus nuit que sur ces photos... avec parfois un bel effet du soleil dans les nuages, malheureusement pas plus que ça!